vendredi 19 juin 2009

Le jeu du bogosse par Jan de Kerne

A l'approche des agapes estivales 2009, je vous offre, tel Antinoüs que l'empereur Hadrien jetterait aux lions, l'un des plus beaux barmen de la Chrétienté. Regardez juste après et participez à ce petit jeu de piste qu'est le JEU DU BOGOSSE!                                                                                                                                         Les infos essentielles à votre gay séjour sont après, plus bas dans le blog. Bon été lisboète et au plaisir de vous croiser deci-delà.

LE JEU DU BOGOSSE / O JOGO DO BOGOSSE !!!

                                                                                                                                                                                                                                          LE JEU DU BOGOSSE / Le principe est simple: gagne celui qui trouve le prénom et l'établissement où officie ce très beau barman, bronzé, tatoué, musclé et over-méga-looké. Qu'est-ce qu'on gagne ? Rien. On gagne, c'est tout. Pour participer, il suffit de laisser un commentaire sous ce post, avec le prénom et l'établissement où officie l'éphèbe. REPONSE A LA MI JUILLET, pour découvrir qui est l'une des plus belles créatures de la Chrétienté !

O "JOGO DO BOGOSSE": um jogo de pistas onde deverà descobrir o paradeiro de um dos mais bonitos barmen da cristandade, fotografado em Lisboa. O que e que se ganha ? Nada. So se ganha. 







(photos de Catia Barbosa)


samedi 6 décembre 2008

MISE A JOUR LIEUX ET PHOTOS / PRINTEMPS ETE 2009


Ce premier post est une mise à jour photo et lieux pour l'été 2009. Le blog et le récit commencent après ce premier post.

Un an après mon tout premier voyage à Lisbonne, voilà que j'y ai un appartement dans le quartier Principe Real et que je m'y suis fais pas mal d'amis (français, portugais, brésiliens, et autres). J'essaie d'y aller au moins 5 ou 6 fois par an. L'été dernier, j'y suis resté trois mois. Le bonheur. Un an après mon tout premier voyage et suite aux nombreuses remarques de mes amis lecteurs, il fallait faire quelques mises à jour.

Voici donc une rasade de nouvelles photos et SURTOUT: plusieurs noms de lieux de fêtes gays absolument incontournables.

D'abord, l'ambiance dans le fameux quartier du BAIRRO ALTO, le soir :



Hallucinant, non ? Quand on sait qu'à Paris, personne ne peut sortir d'un bar fumer un verre à la main ... Dans le Bairro Alto, il y a toujours le SETIMO CEU, le bar gay que je conseille en premier pour débuter le séjour. Quelques changement ici. D'abord Renato a remplacé André. Il est bilingue anglais, drôle et méchant comme on les aime. Tom, est resté. Le voilà:







La déco a également changé de manière radicale. Les murs violet dark sont désormais couverts de centaines de pages de magazines contenant moult beaux garçons:





Au Setimo Ceu, souvent les week end d'été, il y a des animations. L'été dernier, Betty Brown, une drag célèbre par ici a prit la tête des opérations:



A présent, il faut montrer l'entrée du bar dans la rue souvent envahie par les garçons:




Suite du circuit, mais pas avant 1h30 - 2h du matin, le Bric-a-Bar. Grande boite avec fumoir, déco intéressante. Vide avant l'heure, bondée après l'heure. Il y a également à l'étage des cabines pour faire des cochoncetés. Note, le DJ est une petite créature assez mignone. Ce DJ a la particularité de travailler également certains soirs au 106 Bar et au Finalmente. Difficile de prendre des photos à l'intérieur des clubs, les portugais sont assez à cheval sur le respect de la vie privée, surtout lorsqu'elle est gay. Donc voici l'extérieur du Bric-a-Bar:


Après 2h du matin, direction le TRUMPS également appelé le "T". Et là, bienvenue dans un monde de clubbing hype, chic, léger. Le Trumps est The boîte de nuit gay de Lisbonne. Plusieurs ambiances, déco soignée, show avec décors amusants, chanteuse douée et danseurs très jolis (le show possède cette petite couleur indéfinissable qui le rend gentiment kitsch et touchant). A trois heures du matin, l'endroit est plein et la fête dure toute la nuit. Le patron est un vieil homme élégant, toujours sapé comme un prince et l'oeil vif. Des allures de parrain qui donne encore un peu de cachet à l'établissement. Les barmens sont en général jeunes et snobs. Ils travaillent au Trumps, diantre !






Une autre boîte gay est célèbre et incontournable à Lisbonne. Le Finalmente. Il ouvre à 1h. A 2h, il est bourré. Il est d'autant plus bourré, que la surface est petite: 80 m² à peine. Une microscopique scénette accueille un show de drag queens complétement démentes qui s'agitent sur ces 2 mètres carrés, en roulant des yeux fous sous des perruques improbables. Là encore, difficle d'avoir des photos avec du monde, donc voici le lieu vide :







A part ça, les "messages parties" du bar 106 le dimanche soir sont toujours aussi courrues et bien fréquentées. Deux autres immenses lieux de fêtes doivent être vus: le LUX (invraissemblable. Sans doute l'une des plus belles boîtes d'Europe, avec trois ambiances chiadées et une terrasse gigantesque et vue sur le Tage), le KREMLIN (endroit très grand et frappant, avec une clientèle plus... techno, bigarrée, artiste, bohême, bref, droguée).

Je termine en citant le FAVELA CHIK, dans le Bairro Alto. Petit bar très bien décoré, tenu par un garçon d'une très grande beauté. D'origine gitane. Une beauté un peu vulgaire, mais tout de même le garçon vaut le détour. Son apparente froideur n'est en fête que timidité. C'est si mignon. A noter, il est flanqué pour le service d'une toute toute petite blonde almodovarienne et d'un grand et beau noir.

Bon séjour à Lisbonne. Les français sont de plus en plus nombreux à s'y rendre. Ils reviennent toujours. Et je ne résiste par à vous rappeler que le Portugal est le pays qui a donné au monde le messie: Cristiano Ronaldo et son apôtre Ricardo Quaresma:









mercredi 4 juillet 2007







Jan de Kerne, t'emmène sur ses traces, au jour le jour, à la découverte du gay Lisbonne. Les lieux, les gens, les photos, les événements, les potins et les anecdotes.


Lisbonne est le nouveau spot gay en plein boom. Pas encore trustée par les touristes intrusifs, Lisbonne offre une promesse d'équilibre, d'authenticité, d'harmonie, de soleil et de mixage entre les peuples. Portuguais, français, brésiliens, mais aussi homos et hétéros vivent en paix et se croisent avec le sourire.



4 Euros, c'est le prix d'un Perrier à Paris. A Lisbonne, c'est ce que coûte une Caipirinha préparée avec science. Là-bas on croise à la fois des français expatriés, installés definitivement et qui ne regrettent rien de la tension française, tout comme de très beaux garçons portuguais ou brésiliens. Parmi les plus beaux du monde, m'a dit un voyageur invétéré.



Pour ce qui est des informations générales, touristiques, des adresses ou des plans, vous trouverez cela facilement sur google. Mais que faire exactement à Lisbonne, lorsqu'on est gay ? Qui croise-t-on ? Où faut-il être ? Boa noite, rapazes !






Jour 1 - Que sais-je dire à part "obrigado" ?

Il flotte. Découvrir une ville inconnue sous la pluie est moins intimidant qu’en plein soleil. C’est un peu comme à Paris. Aéroport, bus, hôtel sur l’Avenida da Libertade. Hôtel charmant, parquets, marbres anciens et moulures. Je sors sous la pluie. Pompes italiennes flinguées rapidement sur les carreaux blancs détrempés et glissants qui font le plancher de Lisbonne toute entière. Je manque de me casser la gueule.



J’ai faim. Restaurant « Bota Alta », qui est décrit comme gay friendly par les guides. Pas grand-chose de gay là-dedans, si ce n’est son emplacement au beau milieu du quartier du Bairro Alto. Là où ça bouge. Là où les pédés sortent. Que des mecs au service, entre trente et cinquante ans. Le restaurant est vite plein. C’est rustique, propret, ça sent bon. Je me délecte d’une morue « A Braz », c'est-à-dire frite, hachée et mélangée avec de l’œuf, de l’oignon et du persil. Divin.


J’ai soif. Direction le « Sétimo Ceu », un bar gay, joliment minimaliste, avec grand aquarium encastré dans un mur. Sur le chemin, un type pas trop moche s’approche : « Haschich ? Coke ? ». J’esquive en me demandant si ce mec est complètement dingue de dealer en pleine rue. Cinq mètres plus loin, un autre gars: “Coke ?”. Cette fois j’ai compris, ici à Lisbonne, ça se passe dans la rue. Les dealers sont nombreux, collants, parfois mignons, ils prononcent « coke » avec un « o » ouvert, à la marseillaise, ils ne sont pas chers mais je suis ici pour me reposer. Ate logo.



Au « Sétimo Ceu », qui signifie septième ciel, je parle aux barmen. André et Tom. André est la tête pensante, spirituel, branché, cosmopolite, il parle parfaitement anglais et français et aime porter une casquette. Tom sert de séduisant brésilien. Il est bien sapé et parle mal toutes les langues mais compte sur son regard pour faire passer tous ses messages. A Lisbonne, le monde est réinventé : on sert par exemple des shots de whiskey dans de petits verres à vodka. L’ouest et l’est baisant dans un petit verre. On affectionne aussi la vodkafraise mixée. Les barmen passent ainsi vingt minutes à l’ouverture à mixer des fraises. La Caipirinha est à moins de 5 euros, la bière à 2 euros 50. Le bar s’ouvre à 20 heures. A 21 heures, il y a un peu de monde, à 22 heures c’est plein, à minuit ça déborde. Chaque bar crache une partie de sa clientèle dans la rue ce qui fait du Bairro Alto un quartier vivant. Ou invivable, selon ce qu’on y fait.



Tom me parle d’emblée de la vidéo de Sarko bourré. Autant dire que je suis ravi de ce qu’on connaît de la France, par ici… Puis Tom se tourne vers une jeune fille, sort une trousse de maquillage et commence à la maquiller. C’est comme ça ici : les barmen pédés maquillent gratis les jolis filles du quartier.



A minuit, je m’élance à travers la foule de dealers, de fêtards et de touristes pour frapper contre la porte du club « Fragil ».




C’est le tout premier club qui a vu le jour dans le Bairro Alto. Une sorte de « Palace » local par qui tout est arrivé. Le lieu est grand, le personnel est plutôt froid et préoccupé par ses histoires intestines plus que par la qualité de l’accueil : on est bien dans une boîte de nuit. Le patron vient me parler, il a l’air gentil, brun frisé. Je commence à être bourré à force de vodkas et de caipirinhas. Retour à l’hôtel, Dom Sancho, sur l’avenue de la Liberté. Pluie toujours, Lisbonne m’a baptisé.

Jour 2 - Télénovelas et Message Party


Manuele, président de l’ILGA qui organise la gaypride, m’a appelé. Il pète le feu. On est à quelques jours de la parade et il veut me rencontrer. Toute la journée j’ai glandé devant les télénovelas brésiliennes qui passent en boucle à la télévision. Notamment « Alta Estaçao », une bêtise qui narre le quotidien d’étudiants et qui a le mérite de révéler une bombe brésilienne : l’acteur Guilherme Boury.




21 heures. C’est l’heure de me pointer au bar « 106 », dans le quartier chic et branché qui jouxte le Bairro Alto : « Principe Real », qui signifie Prince Royal et qui est aussi le nom du parc arboré du coin. Bon pour moi. Le « 106 » est un bar à la déco inexistante, mais très convivial. Comme toujours, j’arrive quand il est vide.

Je papotte dans toutes les langues avec le premier barman, un petit bear gentil d’une quarantaine d’années. Le second barman a l’allure d’un dandy post troisième reich, très marrant, avec gilet rouge et raie sur le côté. Ces deux là me briefent sur les bons spots à Lisbonne. Ils confirment ce qu’on m’avait déjà dit au « Sétimo Ceu » : la meilleure plage gay est sur la « Costa da Caparica » et c’est la numéro 19. On ira vérifier ça plus tard.

Ce soir au 106, c’est « message party ». Un truc ringuard à mort qui siphonnerait le bar le plus bondé à Paris. Ici ça cartonne. Tant mieux, un peu de bonne humeur c’est ce que je venais chercher dans le milieu gay lisboète. Des stylos, du papier un peu partout et un grand tableau sur lequel on épingle les messages. Comme chacun, je porte un numéro collé sur ma chemise Nodus. Mon voisin me parle. C’est un juge criminel à Lisbonne, originaire de Porto. A mon enchantement sur Lisbonne, il répond par une certaine amertume. Il trouve les habitants de la capitale cupides, peu intelligents et uniquement intéressés par le sexe. Lorsque je lui prouve plan à l’appui que Lisbonne contient au moins une vingtaine de lieux gays, il est stupéfait : il n’en fréquente qu’un ou deux…



J’ai l’honneur du premier message au tableau. C’est mon juge qui me l’a signalé. Le message est d’un certain Alex qui me file son portable et m’écrit en portugais : « Es muito gimo », ce qui ressemble à un compliment. Mais qui est Alex ? Impossible à savoir, il faudrait que j’appelle. Très vite, il y a beaucoup de monde et beaucoup de messages au tableau. La foule est mélangée et on note rapidement quelques beautés fatales qui sirotent je ne sais quel mojito.

Trop chaud, je me tire au « AnB », plus loin dans la même rue. Ça veut dire « Agua no Bico », soit de l’eau dans le bec. Peu de monde, mais un beau gosse métisse angola, français, cap vert, etc. Il est français. Parti en 1991 pour s’installer définitivement à Lisbonne. Rien ne lui manque à Paris. C’est ce qui me frappe. La grande et belle France, ne serait donc pas indispensable à la survie du français ? « Trop de tension sociale » m’explique-t-il. Ici, les gens sont zen, la ville est belle, la plage est paradisiaque, la vie coûte moins cher et les gens sourient. C’est vrai. Je rajoute que les voitures laissent passer le piéton qui attend sur le trottoir, avec un geste amical de la main. Il n’y a pas de chiens à la con qui chient partout. Très peu de chien. Sans doute parce que les Lisboètes ont assez de tendresse pour n’avoir pas besoin d’animaux. Les scooters sont rares et les MacDo inexistants (un ou deux). La discussion se poursuit avec nos voisins : un Israélien, une belle métisse et son frère gay, les deux barmen et donc, le français canon expatrié. On rit beaucoup.

Il est 1 heure, le moment de l’ouverture du « Finalmente », la boîte gay la plus courue de Lisbonne. C’est petit. Ça coûte 5 euros avec conso à l’entrée. C’est très marrant. Une minuscule scène offre le spectacle déroutant de quatre drag queen improbables et sophistiquées, un tantinet vulgaires comme on les aimes. Elles s’excitent admirablement sur leur mini podium cerné de rideaux rouges. On rit encore plus et on s’amuse. En France, on aurait eu une immense scène noire avec une sombre drag queen quasi immobile au maquillage fané, bougeant spasmodiquement son menton en guise de show. Le « Finalmente » est bourré de monde, il fait chaud, les beaux garçons sont venus en nombre. Le personnel, lui est un peu froid : on est en boîte. Je reviendrai.

Jour 3 - J'ai attrapé un coup de soleil, un coup d'amour ...

A Lisbonne, dans les rues il y a pas mal de vieux cireurs de chaussures. C’est le sort qu’on réserve aux vieux et gros cochons : ils cirent les pompes des golden boys, assis sur de petites caisses.

Je pars visiter le quartier de Belem, qui a l’air proche sur la carte, mais qui en réalité est à 6 kilomètres. Je marche à en périr, brûle un peu au soleil au passage, et m’effondre déshydraté devant les splendeurs du monastère Jéronimo et autres jardins au bord de l’eau du quartier de Bélem. Retour en bus.


« Sétimo Ceu ». André le barman intelligent me dit que le juge raconte n’importe quoi. A Porto, ce sont des rustres qui ne comprennent rien à la vie de la capitale. Comme quoi, il n’y a pas qu’en France que l’antagonisme Paris/Province fait rage.

Tom quant à lui a décidé de se foutre de la gueule des français. D’après lui, même les hétéros ont l’air gays ! Il se moque des pédés de Paris et les imites. Je suis mort de rire. Il mime notre façon de fumer une cigarette, jambes croisées, geste fluide de la main, nez en l’air…


Je rencontre le petit copain portugais de l’ambassadeur d’un pays de l’est à Lisbonne. Le mec me dit en riant qu’il m’a repéré au parc Principe Real. L’appartement de l’ambassadeur donne dessus. J’étais avec mon short Gap kaki, une casquette Ralph Lauren, un tee-shirt Comptoir du Marais et des lunettes-masque La Perla. On rit de plus belle. André me raconte l’ennui mortel qui peut régner dans le bar, en plein hiver. Parfois, personne ne rentre de toute la soirée. André me jure qu’il n’a jamais parlé aux poissons de l’aquarium quand il s’ennuyait. Peut-on le croire ?

Je poursuis encore avec le bar 106 et le AnB. Plusieurs fois, on me prend pour un espagnol. Apparemment, il est évident que je ne suis pas Portugais, mais pourquoi espagnol ? Rentré tôt. Dormir !

Jour 4 - Gays de Lisbonne: tout est à constuire


Coup de soleil. Biafine, Posthélios et Aloe Vera : 36 euros. J’étais en débardeur, donc marques rouges et blanches, comme si je portais un soutient gorge. Méga glamour.

Je rencontre Manuele, le président de l’ILGA qui organise la gaypride. Nous sommes quatre sur l’immense Praça do Comerço, l’équivalent de notre Concorde. C’est là qu’aura lieu la fête de la gaypride. Manuele, son collaborateur de l’ILGA Paulo et les gens de la mairie décident, plans à l’appui, des emplacements de chaque stand et de la grande scène. Il y a comme un vent de révolution qui souffle sur nos têtes. Nous sommes là, au milieu de cette immensité, quelque chose de dense dans l’atmosphère, à discuter de l’organisation de ce qui sera la première grande fête gay de l’histoire du Portugal. Ici, tout est à construire. A Paris nous avons tout et nous ne savons plus qu’en faire et comment être heureux. A Lisbonne, les yeux de Manuele, de Paulo et les miens, brillent, brillent, brillent. On avale ensuite ces écoeurantes et typiques patisseries locales : les « pasteis de nata », sortes de tartelettes à la crème aromatisée.


La grande question est : combien serons nous à la marche ? Car pour la fête le soir et la nuit, la foule est présente, mais lorsqu’il s’agit de défiler en plein jour devant les caméras ça tourne autour de 1000 personnes en général.

Jour 5 - Portas Largas et rencontres du troisème type

Visite du quartier de l’Alfama (ruelles tortueuses et très dépaysantes). Visite des quais et des docks. Quartier des putes cap verdiennes et des voyous. Passage au Chiado : visite de la magnifique FNAC. Matage des garçons qui zonent et lézardent dans les belles rues pavées de blanc. Je vole quelques pavés blancs déchaussés. Je les offrirai à mes amis.


Je vais pour la première fois au « Portas Largas » : les grandes portes. C’est le bar gay le plus central du Bairro Alto. Sorte d’Open Café. Quelques barmen aux physiques de plagistes, qui seraient sexuellement attirants s’ils ne voyaient à travers vous comme si vous étiez fait d’air et de buée. Dommage. Les gays viennent ici en nombre, pas mal d’étrangers. Des couples de vieux gays, un super mannequin blond et sa femelle, un autre couple de jeunes gays. Tout ça se dévisage copieusement et je me prends quelques regards au passage. Les grandes portes sont grandes ouvertes sur la rue. En face, il y a la boîte le « Fragil » et entre les deux les nuées de petits dealers à l’affût du junkie.
J’aperçois entrants, un jeune homme que je connais de vue de Paris. Lui aussi m’a reconnu. Ce sont Gérald et son ami psychiatre, Christian. On ne s’était jamais parlé en France, on se parle ici, à 1000 kilomètres. Nous connaissons des dizaines de garçons en commun. Les caipirinhas s’enchaînent. Les allers-retours aux toilettes se suivent. Les vannes et éclats de rires s’envolent dans la nuit de Lisbonne que nous terminons tous au « Finalmente ». Les quatres drags queens entassées et hystériques sur leur petit podium nous promettent de beaux rêves.


Jour 6 - Praia da Costa da Caparica

Je bouge my ass aujourd’hui. Gérald et Christian ont décidé de m’emmener à la fameuse plage n°19 de la Costa da Caparica. Des garçons nus et la mer. Métro jusqu’à la Praça de Espanha, puis bus n°153 pour Costa da Caparica, puis on achète chacun un litre d’eau et du raisin et enfin, le petit train qu’on dirait volé à Disneyland et qui désert les plages, une à une. Jusqu’à la 19. Total pour l’allez-retour, une dizaine d’euros. Il n’y a pas foule car ce n’est pas encore le week-end ni la haute saison. Tout le monde à poil, sauf moi. Pudeur quasi monarchique mais aussi coups de soleils épouvantables avec la marque du débardeur.


La plage est somptueuse. Le sable, c’est du sucre, derrière nous la mata (petite forêt où fornique les hommes) et encore derrière une immense falaise très haute et très jaune. La mer est vivante, sans être agitée. L’eau est fraîche, mais baignable. Il y a des poubelles tous les dix mètres. Propreté. Nous parlons de tout et surtout de tous. Nous nous disons que la méchanceté gratuite très française commençait à nous manquer. Ensuite nous marchons en sens inverse pour rejoindre la plage n°17. Je vous en parlerai plus tard.



Retour à 19h30, heure du dernier petit train. Puis bus (paysages grandioses sur le pont qui enjambe le fleuve Taje pour rejoindre Lisbonne) et métro. Faim de loup. Dîner. Bar Sétimo Ceu où je rencontre un autre couple de français qui me reconnaissent. Deux petites pétasses hystériques venues passer le week-end. Elles sont épuisées par leur voyage et ne savent pas où aller. Elles trouvent Lisbonne à chier. Je les aiguille. Elles passeront un bon week-end et elles reviendront.

Un canadien et son mec, d’une quarantaine d’années tous les deux, me parlent. Ils sont drôles. Le canadien qui a voyagé dans le monde entier m’affirme qu’il a vu les plus beaux garçons du monde ici à Lisbonne et au Brésil, bien sûr. Mais le Brésil étant une ancienne colonie du Portugal, l’immigration Brésilienne est forte ce qui est une excellente chose.

Jour 7 - GAYPRIDE !

Gay Pride !
Rassemblement dans le parc du Principe Real. C’est poussif. Quelques lesbiennes gonflent des ballons multicolores. De timides arrivées, une à une… Un camion style bétaillère servira d’unique char. Tout ça pourrait être qualifié de « cheap », mais c’est tout le contraire : c’est artisanal, bon enfant, festif : tout ce qui manque aux gayprides demi-millionnaires en participants de nos « grands pays ».

Manuele et Paolo de l’ILGA, les patronnes, arrivent en voiture. Manuele me saute au cou et brame, inquiet : « The bitches are on the beach ! » : les putes sont à la plages… Il a peur pour l’affluence mais je le rassure, quelque chose me dit que le ciel, bleu et beau, sera avec nous aujourd’hui. « Je te fais confiance », poursuit-il en me donnant un grand drapeau arc-en-ciel ainsi qu’une pile de tracts qui explique le pourquoi du comment de la gaypride. Je distribue aux vieux et aux vieilles, ainsi qu’aux jeunes couples hétéros-poussettes qui sont dans le parc. « Ola ! » leur dis-je avec un sourire et tendant le tract. « Obrigado » me répondent-ils en acceptant le tract. Je n’ai jamais fait ça en France, c’est assez grisant.


Caméras, appareils photos, interviews. J’ai droit à quelques questions d’un jeune journaliste du très sérieux « Correio de Amanha », le courrier du matin. J’explique l’importance politique de la marche dans mon anglais qui vaut ce qu’il vaut, ainsi que les plus et les moins de ce que je vois ici par rapport à la gaypride parisienne. Je n’ai jamais été aussi chiant je crois. Pendant ce temps, les pédés ont fini par rappliquer, le cortège s’ébranle.

Je suis dans le carré de tête avec mon grand drapeau, juste derrière Manuele et la première banderole. Les gouines hurlent les slogans dans le mégaphone. Nous reprenons à tout poumon : Ja, ja, ja, direitos iguais ! (maintenant, maintenant, maintenant, égalité des droits) ou encore : Seje homem o mulher, eu amo quem quiser ! (que ce soit un homme ou une femme, j’aime qui je veux). J’ai des montées de larmes. La foule derrière est radieuse. Les gens passent des têtes par les fenêtres et les boutiques. La police nous escorte, respectueuse et souriante.

Stupéfaction : le cortège passe devant une grande église du quartier chic du Chiado. Sur le parvis, une mariée et un mari très beaux et leurs familles endimanchées. La mariée est interloquée. Elle vient de comprendre que c’est la gaypride et que nous hurlons justement « Casamento Ja ! » (le mariage maintenant). Nous la regardons, elle nous regarde. Elle doit se dire : « Il fallait que ça tombe le jour de mon mariage. » J’ai envie de sourire. Soudain, elle lève le poing au ciel et se met à crier les slogans avec nous. La foule exulte. Son mari lance une bonne poignée de riz sur la parade et les drapeaux gays entourent le couple. La mariée ordonne à sa famille de prendre des photos. Vite ! Une scène surréaliste qu’on ne verra que chez Almodovar ou à Lisbonne.

Manuele est aux anges : c’est sa plus belle gaypride. La huitième de Lisbonne. La participation a été bonne : plus de 2000 personnes. Quelques politiques se sont déplacés et la presse était là. Moi, habillé en tee-shirt noir Comptoir du Marais, en jean Pépé jeans et en chaussures italiennes noires, paré de mon drapeau, j’ai été pas mal crépité également par les photographes.


Je rentre à l’hôtel me préparer pour la grande fête sur la Praça do Comerço.

La fête Praça do Comerço : show de danse hip-hop, discours variés sur les discriminations, stands très animés de chaque bar ou boîte gay. Les gouines ont bien travaillé : pâtisseries, sandwiches, fritures et sangrias. DJ connus. Une animatrice très almodovarienne présente une série de drag queens démentes. Elles sont dé-mentes. La foule danse, boit, mange, drague.



Il fait chaud, nous sommes en plein air sur la plus belle place de Lisbonne. Le soleil se couche sur des monuments séculaires. Je croise le psychiatre et son ami, le canadien et son ami, les deux folles parisiennes hystériques, visiblement charmées, cette fois, par la ville.
Tom du Sétimo Ceu est en kilt. Les butch des Portas Largas sont au garde à vous. Parfois, le regard d’une beauté fatale vous arrête. Un conseil : ici n’hésitez pas à sourire et à faire un signe à ceux qui vous plaisent. Ils vous répondront. Lisbonne est décidemment magique.



Jour 8 - Le kiff de la plage n°17 - Costa da Caparica

C’est dimanche. Plage. Le contrôleur du petit train est hot. Je vole quelques photos.


Beaucoup plus de monde. Cette fois avec mes lunettes de soleil La Perla, je me colle sur la plage n°17 à cause de sa charmante terrasse et de ses transats parasols. Les serveurs ne parlent ni anglais ni français, mais ils sont adorables.


Pas mal d’amateurs de Kide Surf dans l’eau. Les toiles colorées s’entremêlent dans le ciel bleu, les surfeurs rivalisent d’agilité, les serveurs servent et les petits couples gays se bécotent, se tripotent au milieu de quelques hétéros.

Certains font la belle et posent en bronzant. D’autres lisent ou rient. Quelques-uns reviennent fourbus de la « mata », cette petite forêt où l’on baise. Je picole et picore. Sandwiches, hamburgers, poissons, desserts, boissons, rien n’est vraiment cher. Deux transats pour 5 euros. Un gros pichet de sangria 9 euros. Un déjeuner complet 12 euros. Fin de journée Chill Out avec soleil couchant et musique lounge. La clientèle est hybride, entre looks Cox (butchs barbes de trois jours, chemises à carreaux) et looks Open café (no comment).



Retour : petit train, bus, métro. J’ai rendez vous chez le coiffeur du tout Lisbonne : Jacques Dessanges dans le quartier du Chiado. Les filles sont hystériques autour de moi. Le salon est luxueux. Ici le rire et le luxe vont ensembles. Bruno est une beauté et c’est mon coiffeur. Je lui décris mes sorties. Il me coupe les cheveux comme jamais. Je suis ravi. A Lisbonne la mode est encore à la crête iroquois mais soft. J’explique au coiffeur, que c’est Tom, le barman brésilien qui m’a parlé de ce salon. Du coup le coiffeur file le répéter au boss. Le boss s’appelle Sébastien, il est français. On se promet de se croiser pendant mon séjour. Je lui parle du magazine BabyBoy.

Je passe la soirée dans tous les établissements dont j’ai déjà parlé.


Jour 9 - Lisboa never ends - Encore des endroits et des gens


Les boutiques d’antiquaires du quartier Principe Real. Le « Jardim botanico ». Rendez vous dans le 4 étoiles luxe de Christian le psychiatre et Gérald. Piscine, vue splendide. Dîner au Bota Alta. Jambon portugais, fromage et morue à la royale cette fois. Vin rouge. 20 euros.

106 Bar, pour une nouvelle soirée « Message Party ». Ces petites saloperies sont très en vogue à Lisbonne. Un autre bar, le « Max » les pratique également et tout le monde s’y rue ! Rencontre avec un rentier néerlandais qui vit ici pour apprendre le portugais.

Rencontre de Sébastien, le boss français de Jacques Dessange. Il était à la tête de quatre salons Dessange à Neuilly sur Seine et Paris. Il a tout plaqué pour s’installer à Lisbonne et son business commence à fleurir. Il sera bientôt à la tête d’une demi douzaine de franchises Dessange au Portugal. Lui non plus ne regrette rien, non rien de rien, de la France. « Zen, qualité de vie, beauté, harmonie, soleil » sont les mots qu’il utilise pour décrire son quotidien à Lisbonne.

Visite express dans la grande boite et backroom du quartier Principe Real, le « Bric a bar », dans laquelle travaille le très mignon petit copain du barman bear du 106. Belle déco, backroom en haut des escaliers. Au moins trois ou quatre bars et ambiances différentes. Entrée 5 euros avec conso.



Je me termine au « Finalmente » à deux pas du « Bric à Bar », blindé à 2 heures du matin. Une bombe atomique entre. Il revient de la « message party ». Il montre à un ami les dizaines de messages qu’il a reçu et qui tombent de ses poches. Tant de beauté et tant de succès m’écoeurent. Musique disco et années 90 portugaises.

Jour 10 - Ate logo Lisboa


Retour. J’ai envie de me tirer une balle. Pour la première fois de ma vie, je suis triste de rentrer en France. Mais je reviendrai. Du 4 au 19 août avec deux amis, cette fois. Nous avons loué un appartement de 120 mètres carrés, canon, avec terrasse en plein Chiado à 2 minutes du Bairro Alto. 1638 euros en tout pour quinze jours. Le paradis…